Vous exportez les entreprises créées en 2026 depuis l'open data Sirene pour construire une liste de nouveaux établissements à contacter. Votre fichier affiche un total. La presse économique en annonce un autre, nettement plus haut. Aucun des deux n'est faux — ils ne comptent simplement pas la même chose. Nous avons mesuré l'écart sur notre copie locale du répertoire, et il change la façon de lire un fichier de « créations récentes ».
Deux compteurs qui ne mesurent pas la même population
Le chiffre officiel d'abord. L'INSEE a compté 1 170 000 créations d'entreprises en 2025, un record annuel, en hausse de 4,9 % par rapport à 2024. La dynamique s'est poursuivie : sur les douze mois de juillet 2025 à juin 2026, les créations progressent encore de +11,1 % par rapport aux douze mois précédents. Depuis août 2025, le cap des 100 000 créations mensuelles a même été franchi pour la première fois depuis le début de la série en 2000.
Notre compteur ensuite. Sur une copie locale du répertoire Sirene — stock officiel du 1er août 2026, complété par le flux quotidien de mises à jour appliqué jusqu'au 13 août — nous comptons 473 230 unités légales créées entre le 1er janvier et le 31 juillet 2026 qui sont encore actives et diffusibles. Soit une moyenne visible d'environ 67 600 par mois, quand le rythme officiel dépasse les 90 000.
Mois par mois : une pente qui n'existe pas
Le détail mensuel de notre mesure est le meilleur résumé du problème :
| Mois de création (2026) | Unités légales encore actives et diffusibles au 13/08/2026 |
|---|---|
| Janvier | 95 516 |
| Février | 65 107 |
| Mars | 70 128 |
| Avril | 77 182 |
| Mai | 55 153 |
| Juin | 62 371 |
| Juillet | 47 773 |
Lu naïvement, ce tableau raconte un effondrement des créations au fil de 2026. C'est l'inverse de ce que mesure l'INSEE, qui voit les créations fortement rebondir en mai avant un léger repli en juin. La pente descendante de notre tableau est un artefact de mesure, pas un fait économique. Un mois récent est structurellement sous-représenté dans une photographie du répertoire, pour trois raisons qui se cumulent.
Les trois mécanismes qui font disparaître une création récente
1. La non-diffusibilité. Une partie des entrepreneurs — surtout des personnes physiques, micro-entrepreneurs en tête — exercent leur droit à ne pas voir leurs données diffusées. Ces unités existent au répertoire, l'INSEE les compte, mais elles n'apparaissent dans aucune extraction open data. Dans notre mesure, seules 39 % des créations de janvier visibles sont des personnes physiques, alors que les micro-entrepreneurs représentent la majorité des créations dans les publications officielles : le manque est concentré là.
2. Le délai d'immatriculation. Une entreprise créée fin juillet peut n'être inscrite au répertoire qu'en août ou septembre. Le mois le plus récent est donc toujours incomplet au moment où on le photographie — c'est pour cela que janvier (95 516) paraît deux fois plus « productif » que juillet (47 773) : il a simplement eu sept mois pour se remplir.
3. Les cessations précoces. Notre périmètre ne retient que les unités encore actives. Une entreprise créée en janvier et déjà fermée en juin est sortie du compte, alors que l'INSEE l'a bien comptée comme création.
Ordre de grandeur de l'effet cumulé : en rapprochant notre moyenne mensuelle visible (~67 600) du rythme officiel (plus de 90 000 par mois en tendance récente), de l'ordre d'un quart à un tiers des créations récentes n'apparaît pas dans une extraction diffusible du répertoire. La comparaison mélange une mesure brute (la nôtre) et des séries corrigées des variations saisonnières (l'INSEE) : elle borne l'ordre de grandeur, elle ne donne pas une décimale.
Qui mesure quoi — la table de correspondance
| Chiffre | Ce qu'il compte | Où il vit |
|---|---|---|
| 1 170 000 (2025) | Toutes les créations enregistrées dans l'année, y compris non-diffusibles et entreprises depuis fermées | Publications INSEE |
| 473 230 (janv.–juil. 2026) | Les créations 2026 encore actives ET diffusibles à la date de la photographie | Extraction open data du répertoire |
| 26 862 604 | Le total des unités légales actives et diffusibles, toutes années de création confondues | Extraction open data du répertoire |
C'est la même famille d'écarts que celle que nous avions documentée sur le stock d'établissements dans le baromètre de la prospection B2B : « 36 millions d'établissements » (cumul historique), « 14,3 millions » (actifs et diffusibles) et « 5,9 millions » (économiquement actifs) sont trois périmètres différents, tous justes.
Ce que ça change pour un fichier de prospection
Si vous ciblez les entreprises récemment créées, deux conséquences pratiques. D'abord, un export « créations du mois dernier » sera toujours maigre : il se remplira dans les semaines qui suivent, au rythme des immatriculations — rejouer le même export plus tard rend des lignes supplémentaires sur le même mois de création. Ensuite, les micro-entrepreneurs y sont structurellement sous-représentés : un fichier de « nouvelles entreprises » issu de l'open data est de fait orienté vers les sociétés.
C'est aussi pour cela qu'un fichier se vérifie au moment de l'envoi, pas au moment de l'export : une partie des lignes a bougé entre les deux. Croiser votre liste avec les données légales à jour de chaque entreprise ou ré-enrichir les SIRET avant une campagne évite de contacter des structures déjà radiées — ou de rater celles qui viennent d'apparaître. Pour constituer la liste elle-même, un accès alpha gratuit à outsend permet de partir du répertoire à jour plutôt que d'un export figé.
Questions fréquentes
Combien d'entreprises ont été créées en France en 2026 ?
Le chiffre définitif n'existe pas encore. L'INSEE publie un point mensuel ; la tendance au 30 juin 2026 est de +11,1 % sur douze mois glissants, après une année 2025 record à 1 170 000 créations. Dans une extraction open data du répertoire Sirene au 13 août 2026, 473 230 unités légales créées entre janvier et juillet 2026 sont visibles — un sous-ensemble : actives et diffusibles uniquement.
Pourquoi mon export Sirene ne retrouve-t-il pas les chiffres de l'INSEE ?
Parce qu'une extraction diffusible exclut trois populations que l'INSEE compte : les entrepreneurs ayant demandé la non-diffusion de leurs données (fréquent chez les personnes physiques), les créations pas encore immatriculées au moment de l'export, et les entreprises déjà fermées depuis leur création.
Le rythme des créations d'entreprises baisse-t-il en 2026 ?
Non. La pente descendante qu'on observe dans une photographie du répertoire (95 516 créations visibles pour janvier contre 47 773 pour juillet) est un artefact : les mois récents ne sont pas encore complets. Les séries corrigées de l'INSEE montrent au contraire une progression sur douze mois.
Quelle est la part des micro-entrepreneurs dans les créations ?
Dans les publications INSEE, les immatriculations de micro-entrepreneurs constituent la majorité des créations. Dans une extraction diffusible, leur part apparente est bien plus faible — 39 % des créations de janvier 2026 visibles dans notre mesure sont des personnes physiques — parce que la non-diffusibilité est concentrée sur ce statut. Ce n'est pas une contradiction, c'est un biais de visibilité à connaître.