Vous vérifiez un fournisseur belge avant de signer, ou vous cherchez qui dirige vraiment ce prospect suisse. Le réflexe est automatique : ouvrir societe.com, taper le nom. Et là, rien — la société n'est pas française. Ce réflexe bloque dès qu'une frontière apparaît, et la question qui suit est toujours la même : quel est l'équivalent de societe.com dans ce pays ?
Pourquoi societe.com n'a pas d'équivalent unique à l'étranger
Parce que societe.com n'est pas un registre. C'est un service privé qui republie, dans une interface lisible, des données publiques françaises issues du registre du commerce et des publications légales. À l'étranger, cette fonction se scinde en deux : le registre officiel du pays, et l'agrégateur privé qui l'habille.
Le registre officiel fait foi juridiquement, mais son interface est austère ; l'agrégateur privé offre le confort auquel societe.com vous a habitué, tout en restant une couche commerciale posée sur la donnée publique. Preuve opposable ou simple repérage : vous n'irez pas au même endroit — comme en France, où les sources open data alimentent tous les services de données d'entreprises.
societe.com, Infogreffe, Kbis : trois objets qu'on confond, trois équivalents distincts
La confusion française se transporte telle quelle à l'étranger, et elle explique pourquoi la même recherche renvoie des réponses qui n'ont rien à voir entre elles. Trois objets différents cohabitent sous une seule question.
Infogreffe est le service en ligne des greffes des tribunaux de commerce : c'est le côté registre, celui qui tient le registre du commerce et des sociétés. L'extrait Kbis n'est pas un site mais un document — la fiche d'immatriculation délivrée par le greffe. Le dirigeant d'une entreprise commerciale peut obtenir gratuitement l'extrait K ou Kbis de sa propre société via MonIdenum ou l'Annuaire des entreprises, alors que le demander pour une société tierce reste payant. Et societe.com n'est ni l'un ni l'autre : c'est le service privé qui republie ces données dans une interface confortable.
Transposée hors de France, la question se scinde donc en trois. Chercher l'équivalent d'Infogreffe, c'est chercher l'organisme qui tient le registre du pays. Chercher l'équivalent du Kbis, c'est chercher le document que ce registre délivre — son nom, son contenu et son mode d'obtention changent à chaque frontière. Chercher l'équivalent de societe.com, c'est chercher l'agrégateur privé qui habille le registre.
C'est la même donnée de départ vue par trois portes. Savoir laquelle vous ouvrez évite de réclamer un document à un site qui n'en délivre aucun, ou de prendre une fiche commerciale pour une pièce opposable.
L'équivalent de societe.com en Belgique, en Suisse et au Luxembourg
Ces trois pays francophones sont les plus demandés, et les plus simples : chacun dispose d'un registre national unique, consultable en ligne et en français — dénomination, numéro d'identification, siège, forme juridique et publications légales.
En Belgique, le registre de référence est la Banque-Carrefour des Entreprises, base du SPF Économie qui centralise les données de toutes les entités enregistrées et de leurs unités d'établissement ; son moteur public s'appelle Public Search. Companyweb y joue le rôle d'agrégateur privé.
En Suisse, Zefix est l'offre publique de l'Office fédéral du registre du commerce : le registre suisse est public, consultable gratuitement, et Zefix interconnecte tous les cantons. Moneyhouse occupe le créneau privé. Au Luxembourg, ce rôle revient au Registre de Commerce et des Sociétés, opéré par Luxembourg Business Registers.
L'équivalent de societe.com en Espagne, au Portugal, en Italie et en Allemagne
Pour ces quatre pays, le point d'entrée le plus fiable n'est pas un site national mais le portail e-Justice de l'Union européenne : son service « Trouver une entreprise » interconnecte les registres du commerce de tous les pays de l'UE depuis 2017. Une recherche, tous les registres.
Vous pouvez ensuite descendre au registre national : le Handelsregister en Allemagne ; le Registro Imprese en Italie, tenu par le réseau des chambres de commerce, dont l'identification de base est libre et le détail des documents payant ; le Registro Mercantil et les publications du BORME en Espagne ; le registre commercial du ministère de la Justice au Portugal, doublé de l'agrégateur Racius. North Data, côté privé, couvre l'Allemagne et une large part de l'Europe.
Point de vigilance : la profondeur des données varie fortement d'un pays à l'autre, notamment sur les comptes annuels et les bénéficiaires effectifs. Ne présumez pas qu'un champ disponible en France l'est ailleurs — mieux vaut savoir à l'avance quelles données légales sont réellement exploitables.
Aux États-Unis, il n'existe aucun équivalent national
C'est le cas qui surprend le plus. Les États-Unis n'ont pas de registre fédéral des sociétés : chaque État tient le sien, via son Secretary of State, et une entreprise n'apparaît que dans l'État où elle est immatriculée. Il n'existe donc pas de « societe.com américain » au sens strict.
Le registre fédéral EDGAR, tenu par la SEC, ne couvre que les sociétés cotées et les émetteurs de titres enregistrés, pas les sociétés privées. Pour une PME américaine, la seule voie reste le registre de l'État concerné — encore faut-il savoir lequel.
Au Maroc, le registre travaille à deux étages
Le Maroc est le pays le plus demandé de la famille hors Union européenne, et c'est précisément pour ça qu'il piège : le portail e-Justice ne le couvre pas, donc le réflexe européen ne fonctionne plus. Son registre du commerce est organisé sur deux niveaux. Un registre local d'abord, tenu par le greffe du tribunal de commerce où l'entreprise est immatriculée. Un registre central ensuite, qui centralise l'ensemble des immatriculations du pays.
Ce registre central relève de l'Office marocain de la propriété industrielle et commerciale. Sa consultation publique passe par Directinfo, le service de l'OMPIC qui interroge le Registre central du Commerce. Pour une pièce opposable en revanche, on redescend au greffe du tribunal d'immatriculation. Le registre central sert la recherche, le greffe local sert la preuve : c'est exactement la répartition qui existe en France entre le guichet en ligne et le greffe, avec des noms différents.
Registre officiel ou agrégateur privé : lequel choisir
La réponse dépend de l'usage, pas du pays. Pour une vérification avant contrat, allez au registre officiel : il fait foi. Pour un repérage rapide, l'agrégateur privé va plus vite. Pour construire une liste de plusieurs centaines d'entreprises, aucun des deux n'est conçu pour ça — c'est le terrain des annuaires d'entreprises internationaux.
| Pays | Registre officiel | Agrégateur privé courant |
|---|---|---|
| Belgique | Banque-Carrefour des Entreprises | Companyweb |
| Suisse | Zefix | Moneyhouse |
| Luxembourg | RCS Luxembourg | — |
| Allemagne | Handelsregister | North Data |
| Italie | Registro Imprese | — |
| Espagne | Registro Mercantil / BORME | eInforma |
| Portugal | Registo Comercial | Racius |
| États-Unis | Secretary of State (par État) | — |
| Maroc | Registre central du commerce (OMPIC) | Directinfo |
Registres et agrégateurs sont bâtis pour la consultation fiche par fiche. Une troisième famille, celle des constructeurs de listes comme outsend, répond à un autre besoin : rassembler et exporter un ensemble d'établissements sur plusieurs pays. Trois usages à ne pas confondre — même logique que dans notre comparatif entre base d'entreprises et liste fraîche.
Questions fréquentes
Existe-t-il un societe.com européen unique ?
Non, mais le portail « Trouver une entreprise » de l'Union européenne s'en approche : un point d'entrée unique vers les registres interconnectés des pays de l'UE. La Suisse, hors UE, n'y figure pas.
Quel est l'équivalent belge de societe.com ?
La Banque-Carrefour des Entreprises pour la donnée officielle, Companyweb pour le confort de consultation. Attention : le numéro d'entreprise belge n'est pas un SIREN, les deux systèmes sont indépendants.
Comment vérifier un numéro de TVA intracommunautaire ?
Le registre national ne suffit pas : la validité d'un numéro de TVA se contrôle sur le service VIES de la Commission européenne, étape distincte souvent oubliée lors de l'enrichissement d'une base avec les identifiants légaux.
Infogreffe a-t-il un équivalent dans chaque pays ?
La fonction existe presque partout, le montage jamais à l'identique. Elle est parfois assurée par le registre lui-même (Zefix en Suisse, Handelsregister en Allemagne), parfois par un portail supranational (le service européen « Trouver une entreprise »), parfois par un office distinct des greffes (l'OMPIC au Maroc). Aucun pays ne reproduit le couple français greffes + guichet en ligne unique.
Comment obtenir l'équivalent d'un extrait Kbis pour une société étrangère ?
Par le registre du pays d'immatriculation, jamais par un agrégateur privé : seul le registre délivre une pièce opposable. Le nom du document, son format et son mode de délivrance varient — certains pays le remettent en ligne immédiatement, d'autres exigent une demande au greffe compétent. Vérifiez aussi la langue : l'extrait n'est pas systématiquement disponible en français ni en anglais, et une traduction assermentée est parfois exigée par l'administration qui le réclame.
Ces données sont-elles réutilisables pour de la prospection ?
Le caractère public d'une donnée ne vaut pas autorisation de traitement. Le RGPD s'applique dans toute l'Union, y compris aux dirigeants personnes physiques, et les règles de démarchage restent nationales. Voir nos repères sur l'enrichissement de données et la conformité.