Extracteur Pages Jaunes : quel outil choisir ?

Vous voulez la liste des plombiers de Nantes, des restaurants de votre quartier ou des cabinets comptables du département, dans un fichier Excel que vous pourrez trier, filtrer et appeler ligne par ligne. Vous n'avez pas de budget pour acheter une base de données. Le premier nom qui vient est celui de l'annuaire que tout le monde connaît, et la recherche suivante est logique : un extracteur Pages Jaunes.

La réponse courte. Les extracteurs Pages Jaunes existent sous trois formes (extension de navigateur, logiciel ou service en ligne, prestation à la tâche) et se facturent à l'usage, à l'abonnement ou au livrable. Leur coût réel tient moins au tarif qu'au nettoyage du fichier : doublons, fiches sans email, numéros de standard, heures passées dans Excel. Et il reste une question que leurs vendeurs posent rarement : le droit que la loi française donne au producteur d'un annuaire d'interdire l'extraction de son contenu. Si votre liste peut venir d'une source dont le producteur autorise l'extraction par écrit, c'est par elle qu'il faut commencer.

Ce que Pages Jaunes fait bien

Avant de chercher à en sortir le contenu, il faut dire pourquoi on y pense en premier. Trois forces réelles, qui expliquent sa place dans les habitudes.

Une recherche construite sur un service et une localité. Le formulaire du site demande un type de service et une localité, soit exactement les deux critères d'une liste locale. Pour trouver cinq couvreurs à appeler cette semaine, c'est souvent le chemin le plus court, et la consultation est gratuite.

Des fiches qui décrivent l'activité. Horaires, prestations, coordonnées, itinéraire, avis et photos : une fiche dit ce que fait le professionnel au quotidien, bien au-delà de son identité administrative.

Des contacts intégrés à la fiche. Selon les professionnels, la demande de devis, la prise de rendez-vous ou la messagerie se font sans quitter l'annuaire. Pour un besoin ponctuel, il n'y a rien à extraire : le contact est déjà là.

Extracteur Pages Jaunes : trois familles d'outils, trois façons de payer

Un extracteur Pages Jaunes lit les pages de résultats d'une recherche (une activité, une ville) et range chaque fiche dans une ligne de tableur : nom, adresse, téléphone, parfois site web et note. Le marché se partage en trois familles.

  • L'extension de navigateur. Vous lancez la recherche vous-même, l'extension recopie ce qui s'affiche. Souvent gratuite ou en formule freemium, elle s'arrête à ce que vous faites défiler.
  • Le logiciel ou le service en ligne. Il parcourt seul toutes les pages de résultats. Il se paie à l'abonnement mensuel, à la licence, ou au crédit consommé par ligne extraite.
  • La prestation à la tâche. Un freelance vous livre le fichier Excel. Vous payez le livrable, pas l'outil.

Le coût réel ne se lit pas sur une page de tarifs, il se lit dans le fichier reçu. Un établissement rangé sous deux rubriques donne deux lignes. Une fiche d'annuaire porte rarement une adresse email, et quand elle en porte une, rien ne dit qu'elle reçoit encore des messages. Le numéro affiché est souvent celui d'un standard. Chaque ligne à dédoublonner, corriger ou compléter se paie en temps, et c'est ce temps qui fait le prix d'une liste, quel que soit le modèle de facturation choisi.

Le texte de loi que les vendeurs d'extracteurs citent rarement

Au sens du Code de la propriété intellectuelle, un annuaire est une base de données. Celui qui a pris l'initiative et le risque d'un investissement substantiel pour la constituer, la vérifier ou la présenter en est le producteur (article L341-1), et il dispose d'un droit propre sur son contenu. L'article L342-1, en vigueur depuis le 1er janvier 1998 (loi n° 98-536 du 1er juillet 1998, texte consulté sur Légifrance le 12/10/2026), l'énonce ainsi :

« Le producteur de bases de données a le droit d'interdire : 1° L'extraction, par transfert permanent ou temporaire de la totalité ou d'une partie qualitativement ou quantitativement substantielle du contenu d'une base de données sur un autre support, par tout moyen et sous toute forme que ce soit ; 2° La réutilisation, par la mise à la disposition du public de la totalité ou d'une partie qualitativement ou quantitativement substantielle du contenu de la base, quelle qu'en soit la forme. »

« Sur un autre support, par tout moyen » : un fichier Excel est un autre support, un logiciel est un moyen. L'article L342-2 va plus loin : le producteur peut aussi interdire l'extraction « répétée et systématique » de parties non substantielles lorsque ces opérations « excèdent manifestement les conditions d'utilisation normale de la base de données ». Découper une grosse extraction en dizaines de petites ne change donc pas la nature du geste.

Le même code protège aussi l'utilisateur. Selon l'article L342-3, le producteur d'une base mise à la disposition du public ne peut pas interdire « l'extraction ou la réutilisation d'une partie non substantielle » du contenu par la personne qui y a licitement accès. La consultation ordinaire, celle où l'on note les coordonnées de quelques artisans, reste donc possible. Le code ne fixe aucun seuil chiffré : entre une poignée de fiches et la rubrique entière d'une ville, c'est l'appréciation d'un juge, et ce n'est pas au vendeur d'un extracteur de la trancher pour vous. Ces articles ne disent pas que tout extracteur est illicite. Ils disent qui a le droit d'interdire, et ce droit appartient au producteur de l'annuaire.

Constituer la liste dans Excel depuis une source qui autorise l'extraction

Il existe en France une base d'entreprises dont le producteur ne se contente pas de tolérer l'extraction : il l'autorise par écrit. Le répertoire Sirene de l'Insee est publié sur data.gouv.fr sous Licence Ouverte 2.0. Ce texte permet au réutilisateur de reproduire l'information, de « l'extraire et la transformer » et de l'exploiter « à titre commercial », à condition de mentionner sa source et la date de sa dernière mise à jour. Le dernier fichier stock des établissements y est daté du 1er octobre 2026 (consulté le 12/10/2026).

Pour qui ne veut pas manipuler un fichier national entier, l'Insee indique (page mise à jour le 17/10/2024) que l'Annuaire des Entreprises permet de constituer en ligne une liste d'établissements par localisation, activité, catégorie juridique, tranche d'effectif ou date de création, jusqu'à 200 000 unités.

Deux limites, à dire franchement. La licence règle le droit du producteur, pas celui des personnes : elle rappelle elle-même que des données personnelles ne se réutilisent qu'en respectant le cadre légal qui les protège, et une ligne qui désigne un entrepreneur individuel désigne une personne. Ensuite, un registre officiel identifie une entreprise sans dire comment la joindre : il ne contient ni téléphone, ni email, ni site web. Aucune source, ouverte ou non, ne vous dispense de vous demander ce que vous faites de la liste.

Compléter la liste : téléphones, sites, emails

C'est l'étape où un outil fait réellement gagner du temps, et c'est là qu'Outsend se place, comme une option parmi d'autres. Il bâtit la liste à partir de deux sources. La première est le répertoire Sirene, lu par activité et par zone, qui sort nom, adresse, SIREN, SIRET, code NAF, tranche d'effectif et date de création. La seconde est l'ensemble des fiches d'établissements de Google Maps, que l'extraction Google Maps vers CSV ou Excel range par requête et par zone, avec téléphone, site, avis et horaires. Le fichier sort en CSV, JSON ou XLSX, et s'ouvre directement dans Excel.

Sur cette base, la liste se complète dans le même outil : rapprochement avec le SIRET, le SIREN et le numéro de TVA, recherche des emails professionnels publiés par les entreprises, puis vérification de délivrabilité avant le premier envoi. C'est sur ces étapes que se joue le coût réel décrit plus haut : un doublon fusionné ou une adresse invalide écartée avant l'envoi est une ligne qui ne vous coûte plus rien. Outsend est en alpha, et la création de compte est libre et gratuite.

Quel outil pour quel besoin ?

Le bon outil dépend de la taille de la liste et de ce que vous voulez y trouver. Dans certains cas, l'annuaire lui-même reste la meilleure réponse.

Votre besoinLe plus adaptéCe qui fait le coût réel
Cinq à dix artisans à contacter cette semaineLa recherche Pages Jaunes, sans extracteurLe temps de lecture des fiches
Toutes les entreprises d'une activité dans un département, avec leur SIRETLe répertoire Sirene (Annuaire des Entreprises ou fichier stock)Le filtrage, puis l'ajout des moyens de contact
Une liste locale avec téléphones et sites, dans ExcelUne extraction de fiches Google Maps (Outsend ou un autre outil du marché)Les doublons et les numéros de standard
Une liste avec des emails qui arriventRegistre ou fiches, puis recherche et vérification des emailsLes adresses invalides, à écarter avant l'envoi
Être trouvé par vos propres clientsUne fiche d'annuaire payanteL'abonnement, face aux demandes reçues

La dernière ligne relève d'une autre question, celle de la visibilité entrante, que nous traitons à part avec l'offre professionnelle des Pages Jaunes. Pour les autres outils qui servent à constituer une liste, nos comparatifs d'outils de prospection les classent par usage.

Questions fréquentes sur l'extraction Pages Jaunes

Existe-t-il un extracteur Pages Jaunes gratuit ?

Oui, surtout sous forme d'extensions de navigateur qui recopient la page affichée. La gratuité ne change rien à la question du droit du producteur : l'article L342-1 vise l'extraction, pas son prix.

Comment extraire les données des Pages Jaunes vers Excel ?

Pour quelques fiches, en recopiant les coordonnées dans un tableur : c'est l'usage ordinaire que l'article L342-3 protège. Pour une rubrique entière, la question de l'article L342-1 se pose d'abord. Si votre besoin est une liste par métier et par ville, partir du répertoire Sirene, publié sous licence ouverte, évite cette question pour la partie identité de la liste.

Un aspirateur Pages Jaunes est-il légal ?

Le Code de la propriété intellectuelle ne parle pas d'aspirateur, il parle d'extraction. Il donne au producteur de l'annuaire le droit d'interdire l'extraction d'une partie substantielle de son contenu (article L342-1) et l'extraction répétée et systématique de petites parties (article L342-2). Pour un projet précis, seul un juriste peut vous répondre.

Scraper les Pages Jaunes, est-ce différent d'extraire ?

Pas pour le droit. Le scraping désigne une technique, l'extraction désigne l'acte que vise la loi, « par tout moyen et sous toute forme que ce soit ».

La base Sirene donne-t-elle les numéros de téléphone ?

Non. Elle identifie les entreprises et leurs établissements (l'Insee y recense 36 millions d'établissements enregistrés depuis 1973, selon sa page mise à jour le 17/10/2024), sans moyen de contact. Téléphones, sites et emails se cherchent ensuite, sur les fiches d'établissements et sur les sites des entreprises.

Peut-on utiliser la base Sirene pour prospecter ?

La Licence Ouverte 2.0 autorise la réutilisation, y compris commerciale, à condition de citer la source et la date de mise à jour. Elle ne lève pas les règles qui protègent les données personnelles, qui s'appliquent dès qu'une ligne désigne un entrepreneur individuel.

Comparer, puis essayer

Extraction, enrichissement légal et vérification dans un seul outil. L'alpha est gratuite.

Créer un compte gratuit