Sur le plan gratuit de Lusha, vous disposez de 40 crédits par mois. Révéler une adresse email vérifiée en consomme 1, révéler un numéro de téléphone en consomme 10, selon la grille officielle de l'éditeur (Lusha, page tarifs, 2026). Quatre numéros directs par mois : c'est en général là qu'on tape « lusha alternative » dans un moteur.
La recherche mène presque toujours au même endroit, une comparaison de quotas entre fournisseurs de données de contact. Ce n'est pas le bon axe pour une entreprise française. Ce qui décide, c'est la nature de la donnée que vous achetez et le régime juridique qui s'y attache : un numéro direct de personne et une adresse de contact publiée par un établissement ne se collectent pas de la même façon et ne s'utilisent pas dans les mêmes conditions. Cet article part de là, et dit les cas où rester sur Lusha est la bonne décision.
Ce que Lusha fait bien, et qu'une alternative doit égaler
Trois points, sans ironie, qui expliquent sa position.
Le téléphone direct. C'est la spécialité maison, et la raison pour laquelle un crédit téléphone vaut dix crédits email : cette donnée est rare, coûteuse à maintenir, et c'est elle qui fait décrocher. L'éditeur annonce 290 millions de contacts vérifiés et 28 millions d'entreprises, avec une exactitude affichée de 98 % sur les emails et 86 % sur les téléphones (Lusha, page officielle, 2026). Ce sont des chiffres d'éditeur, mais l'ordre de grandeur est réel.
L'ergonomie de l'extension. Le geste est court : vous êtes sur une fiche, vous cliquez, les coordonnées apparaissent. Aucun export, aucun fichier intermédiaire, aucune rupture de navigation. Beaucoup d'outils plus complets perdent sur ce terrain, faute d'éviter le détour par une interface tierce.
Les intégrations CRM. Applications natives Salesforce et HubSpot, plus une API pour le reste de la pile (Lusha, page officielle, 2026). La donnée arrive là où l'équipe travaille déjà, sans import CSV manuel. Sur un usage quotidien, c'est souvent ce qui sépare l'outil adopté de l'outil abandonné.
Le crédit n'est pas l'unité qui décide
Le modèle tarifaire est lisible : le plan Starter est affiché à 49,90 $ par mois pour 400 crédits, avec des paliers supérieurs et un tarif réduit à l'année (Lusha, page tarifs, 2026). Le montant n'est pas le sujet : vous comparer des additions serait le plus mauvais service à vous rendre. Le sujet, c'est ce que le crédit mesure.
Un crédit se dépense sur une personne déjà identifiée : un profil, une fiche, un nom trouvé ailleurs. L'outil répond très bien à « quelles sont les coordonnées de cette personne ». Il ne répond pas à « qui dois-je appeler ». Cette seconde question, celle du sourcing, reste à votre charge, et c'est elle qui mange le plus de temps commercial.
Deuxième conséquence : la couverture d'une base préconstituée suit la présence en ligne des personnes. Elle est excellente sur les fonctions cadres d'entreprises structurées, qui entretiennent un profil à jour. Elle se dégrade sur le tissu local, garages, cabinets, commerces, artisans, où le dirigeant n'a souvent aucun profil. Ce n'est pas un défaut mais la conséquence des sources déclarées par l'éditeur : programme communautaire, sources publiques, courtiers en données et profils de réseaux sociaux professionnels (Lusha, Personal Information Notice, 2026).
Deux données, deux régimes juridiques
Ce point, que les comparatifs de crédits n'abordent jamais, a le plus de conséquences pratiques en France.
Un nom associé à un numéro direct ou à une adresse email nominative est une donnée à caractère personnel, y compris en contexte professionnel, et sa réutilisation en prospection est encadrée. La CNIL indique que la prospection à l'égard de professionnels peut être fondée sur l'intérêt légitime, à condition que la personne ait été informée de l'utilisation possible de son adresse ou de son numéro à des fins de prospection, et qu'elle soit en mesure de s'y opposer simplement et à tout moment (CNIL, page officielle, mise à jour du 10 juin 2026).
La même page pose une distinction nette : les adresses génériques du type info@nomsociete.fr ou contact@nomsociete.fr, qui concernent des personnes morales, ne sont pas soumises à ces principes. Deux lignes voisines d'un même fichier peuvent donc relever de deux régimes différents.
Lusha travaille du côté de la donnée personnelle et l'assume. Son fondement déclaré est l'intérêt légitime, et son avis d'information prévoit 14 jours pour s'opposer après la première notification, puis un droit d'opposition exerçable à tout moment (Lusha, Personal Information Notice, 2026). L'éditeur affiche des certifications ISO 27701, ISO 27001 et SOC 2 Type 2 (Lusha, page data privacy, 2026). Rien de cela n'est un reproche : ce cadre est mieux documenté que chez beaucoup d'acteurs.
Côté utilisateur, un fichier n'est donc jamais figé : une personne qui s'oppose doit sortir de vos listes, et tracer l'origine de chaque contact devient une charge permanente. Ce travail n'apparaît sur aucune page tarifs. Nous l'avons détaillé pour le canal email dans notre guide du cold email et de ses conditions d'exercice en 2026. Ces lignes décrivent des textes publics et ne constituent pas un conseil juridique.
Partir d'une zone plutôt que d'un profil
outsend ne répond pas à la même question. Le point d'entrée n'est pas une personne mais un territoire et une activité : « les couvreurs dans un rayon de 30 km autour de Rennes », « les cabinets dentaires d'un arrondissement ». La sortie n'est pas une fiche individuelle mais une liste d'établissements avec leurs coordonnées publiées, à laquelle on rattache l'identité légale et les canaux de contact.
L'extraction part de la carte (extraire des établissements depuis Google Maps et les exporter en CSV), puis chaque ligne est rapprochée du répertoire Sirene pour le SIRET, le SIREN, la TVA et le RCS, avec la forme juridique et les dirigeants pour qualifier la liste. Vient la joignabilité : les numéros publiés sur le site de l'entreprise et des adresses de contact professionnelles vérifiées (recherche d'emails pro orientée conformité française). Le socle est public : le répertoire Sirene couvre près de 25 millions d'entreprises et 36 millions d'établissements, mis à jour quotidiennement (Insee, page officielle, 2026).
Là où Lusha reste le meilleur choix, et il faut l'écrire clairement. Dès que votre cible est un individu identifié dans une organisation structurée, le directeur financier d'un groupe de 800 personnes, la responsable achats d'un site industriel, la logique de zone ne sert à rien. Vous cherchez une personne précise avec sa ligne directe, pas un établissement. Une base de contacts nominatifs alimentée en continu est l'outil adapté, et aucune extraction cartographique ne remplacera un numéro direct vérifié. Si ce cas fait l'essentiel de votre activité, restez sur Lusha.
Le partage est net. Grands comptes et fonctions nommées : la base de contacts nominatifs. Tissu local, prospection par territoire ou par métier avec rattachement légal : la construction de liste à la demande. Beaucoup d'équipes ont les deux besoins et deux outils, ce qui est plus sain que de demander à l'un le métier de l'autre. Nous avons publié une comparaison poste par poste entre outsend et Lusha.
Lusha et Apollo dans la même pile
La suggestion « lusha and apollo » revient assez souvent pour mériter une explication. Ce n'est pas une hésitation entre deux concurrents mais un empilement volontaire, pour une raison structurelle : les deux produits n'occupent pas la même position dans la chaîne.
Une plateforme de prospection sortante construit une liste à partir de filtres firmographiques, puis déroule les séquences de relance. Un fournisseur de données de contact comble les trous sur les fiches incomplètes, en particulier les numéros directs. D'où le réflexe : on source dans l'une, on complète dans l'autre. Le coût est surtout opérationnel : deux référentiels, deux dates de fraîcheur, deux mécanismes d'opposition à faire redescendre dans le même CRM.
La question utile, avant d'ajouter une troisième brique, porte sur le maillon manquant. Si vos fiches sont vides parce que vous ne trouvez pas la bonne personne, ajoutez un fournisseur de contacts nominatifs. Si elles sont vides parce que l'entreprise n'est dans aucune base préconstituée, aucun fournisseur ne réglera le problème : c'est l'étape de sourcing qu'il faut changer, pas celle d'enrichissement. On répare une chaîne au maillon cassé : c'est le raisonnement d'un pipeline de prospection assemblé sans code.
Grille de décision, critère par critère
Le tableau ne désigne pas de gagnant. Il aligne deux natures d'outil sur des critères objectifs, à lire colonne par colonne selon la question que vous vous posez. Volumes et coûts en crédits repris des pages officielles de l'éditeur (Lusha, page tarifs, 2026 et Lusha, page officielle, 2026).
| Critère | Lusha | outsend |
| Point de départ | Une personne ou une entreprise déjà identifiée | Une zone géographique et une activité |
| Sortie principale | Coordonnées nominatives : email pro, téléphone direct | Établissements, coordonnées publiées, identité légale |
| Nature dominante de la donnée | Données à caractère personnel | Coordonnées d'établissement et données publiques ; personnelles dès qu'un contact est nominatif |
| Périmètre annoncé | 290 millions de contacts, 28 millions d'entreprises | Extraction à la demande, couverture mondiale |
| Rattachement légal (SIRET, TVA, RCS, dirigeants) | Non | Oui pour la France, via le répertoire Sirene |
| Dépendance principale | Fraîcheur de la base et oppositions exercées | Présence en ligne de l'établissement (fiche, site) |
| Couverture la plus faible | TPE locales sans profil professionnel en ligne | Individu nommé dans un grand groupe |
| Unité de consommation | Crédits : 1 pour un email, 10 pour un téléphone | Aucun compteur, accès alpha sur candidature |
| Mode d'usage dominant | Extension de navigateur, fiche par fiche | Traitement par lots sur une liste entière |
Si vos lignes vides concernent des personnes, la colonne de gauche répond. Si elles concernent des entreprises que vous n'avez pas encore identifiées, c'est celle de droite, et vous pouvez demander un accès alpha gratuit pour la tester sur votre zone.
Cinq questions avant de trancher
Le plan gratuit de Lusha permet-il de tester sérieusement ?
Il permet de juger la qualité, pas de produire. Avec 40 crédits mensuels, à 1 crédit par email et 10 par téléphone, vous obtenez au mieux 40 adresses ou 4 numéros directs (Lusha, page tarifs, 2026). Suffisant pour un test honnête, à condition de le mener sur votre cible réelle et non sur des entreprises connues, où toutes les bases se ressemblent.
Peut-on utiliser en France des numéros directs achetés à une base tierce ?
La prospection vers des professionnels peut reposer sur l'intérêt légitime, mais la personne doit avoir été informée de cet usage et pouvoir s'y opposer simplement et à tout moment ; les adresses génériques de personnes morales échappent à ces principes (CNIL, page officielle, 2026). En pratique : conserver l'origine de chaque contact, et savoir traiter une opposition.
La couverture est-elle la même selon les pays et les tailles d'entreprise ?
Non, et c'est le point le plus mal évalué avant l'achat. Les volumes annoncés par n'importe quel fournisseur sont mondiaux et agrégés : ils ne disent rien du remplissage sur votre segment. Le seul chiffre qui vous concerne est celui que vous mesurez sur vos propres prospects.
Faut-il remplacer Lusha, ou l'ajouter à ce qu'on a déjà ?
Ni l'un ni l'autre au sens strict : identifiez d'abord laquelle des deux étapes vous coûte du temps. Si c'est trouver les coordonnées d'une personne connue, gardez l'outil qui fait ça bien. Si c'est établir la liste des entreprises à contacter dans une zone, changez d'étape, pas de fournisseur. Le remplacement pur est rarement la bonne réponse.
Comment vérifier une alternative en une semaine ?
Prenez 20 entreprises représentatives de votre cible. Faites passer la même liste dans les deux outils et mesurez trois taux de remplissage : téléphone joignable, adresse de contact exploitable, rattachement légal présent. Ajoutez l'indicateur qu'on oublie : le nombre de lignes que vous écartez à la lecture. Ce test tranche plus sûrement que n'importe quel comparatif, celui-ci compris.