Vous devez démarcher les entreprises d'un secteur, vous ouvrez un outil de cartographie, et la toute première étape vous demande d'importer votre fichier. Vous n'en avez pas. C'est exactement là que commencent la plupart des recherches d'alternative à Maptive : pas parce que l'outil serait mal fait, mais parce qu'il démarre une étape après votre problème.
La question utile n'est donc pas « quel autre cartographe ? ». Elle est : d'où sort la liste que je suis censé importer ? Et c'est la seule question à laquelle un logiciel de cartographie n'a pas vocation à répondre.
Ce que Maptive et Mapline font bien
Trois choses méritent d'être reconnues sans réserve, parce qu'elles sont difficiles et que peu d'outils les traitent proprement.
Le découpage de territoires d'abord. La page tarifs de Maptive documente un gestionnaire de territoires qui construit automatiquement des secteurs équilibrés, et un outil de limites qui cartographie les régions par comté, par État ou par code postal. Équilibrer des secteurs entre plusieurs commerciaux est un vrai problème d'optimisation, pas un habillage.
L'optimisation de tournée ensuite : la même page annonce un meilleur itinéraire sur un maximum de 70 arrêts, avec les directions détaillées. C'est un usage de terrain, celui d'un technicien ou d'un commercial qui roule vraiment.
Les zones de temps de trajet enfin, avec les rayons de proximité et les surcouches démographiques de revenu et d'âge issues du recensement. Pour savoir jusqu'où un point de vente rayonne, c'est la bonne famille d'outils. Mapline, de son côté, complète la carte par des tableaux de bord, des formulaires de terrain et l'optimisation de tournées : là aussi, un travail sérieux sur ce qu'on fait d'une donnée une fois qu'on l'a.
Le premier geste attendu est partout le même
Regardez comment ces outils se décrivent eux-mêmes, et le point commun saute aux yeux. Maptive range sa promesse petite entreprise sous la formule « du tableur à la carte, sans compétence SIG » et propose une fonction dédiée à la transformation d'un fichier Excel en carte. Mapline annonce en page d'accueil que l'on peut simplement copier et coller les données depuis un tableur.
Ce n'est pas une faiblesse, c'est une frontière de métier assumée. Ces outils opèrent sur une donnée que vous apportez : ils la colorient, la groupent, la découpent, la routent. Aucun d'eux ne prétend la produire, et aucune alternative choisie dans la même famille ne changera cela. Si le fichier manque, changer de cartographe revient à changer de couleur de mur dans une pièce qui n'a pas encore de sol.
En France, le fichier existe déjà et il est public
Voilà le fait que les éditeurs de logiciels de cartographie n'ont aucune raison de porter, et qui change pourtant la réponse à « je n'ai pas de liste à importer ».
L'Insee écrit noir sur blanc que la base Sirene est accessible librement et gratuitement via data.gouv.fr, et détaille les fichiers stock téléchargeables, dont celui des établissements dans leur état courant au répertoire. La même page, mise à jour le 17 octobre 2024, indique que le répertoire interadministratif Sirene compte près de 25 millions d'entreprises et 36 millions d'établissements enregistrés depuis 1973.
Côté plateforme, le jeu de données porte le nom de l'Insee comme producteur, la Licence Ouverte 2.0, le label « Service public de la donnée de référence », et six fichiers stock mensuels compactés en ZIP et en parquet. Au 21 septembre 2026, la dernière mise à jour du jeu affichée sur la page est datée du 1er septembre 2026.
Et si manipuler un fichier de plusieurs centaines de méga-octets vous rebute, l'Insee documente une sortie plus simple sur la même page : l'Annuaire des Entreprises permet de constituer en ligne une liste d'établissements filtrée par localisation, activité, catégorie juridique ou tranche d'effectif, dans la limite de 200 000 unités. C'est déjà une carte en puissance, et c'est gratuit. Chaque ligne y porte son identifiant officiel, ce qui permet ensuite d'attacher SIRET, SIREN et numéro de TVA à un fichier que vous auriez commencé ailleurs.
Ce que le registre ne donne pas, et une mesure datée
Le registre officiel a une limite nette, et elle est assumée : il ne contient aucun moyen de contact. Ni téléphone, ni adresse électronique, ni site web. Il vous donne l'existence, l'adresse déclarée, l'activité et la forme juridique, pas la ligne à composer.
La seconde source d'une liste de zone corrige exactement cet angle mort : les fiches d'établissement telles qu'elles se présentent sur une carte grand public, avec l'enseigne réelle, les horaires et le numéro du lieu. Pour donner un ordre de grandeur vérifiable plutôt qu'une impression, voici une mesure faite chez nous, sur un cas précis.
Le 13 août 2026, sur la zone Île-de-France et l'activité « cliniques vétérinaires indépendantes », l'extraction a rendu 421 établissements distincts. Parmi eux, 416 portaient un numéro de téléphone, soit 98,8 %, et 371 un site web, soit 88,1 %. Ce sont les chiffres du fichier produit ce jour-là, recomptés ligne à ligne, sur cette zone et cette activité seulement : une autre activité donnerait un autre taux.
Ce qu'il faut en retenir n'est pas le pourcentage lui-même, c'est ce qu'il implique sur l'ordre des opérations. Une carte ne manque presque jamais de coordonnées : elle manque de provenance. Partir d'une zone et d'une activité pour obtenir un fichier, avec un export CSV des établissements d'une zone, puis compléter chaque ligne par ses données légales et ses dirigeants, produit précisément ce qu'un cartographe attend en entrée. C'est le périmètre d'outsend, ouvert gratuitement pendant l'alpha.
Trois situations, trois réponses
Vous avez déjà le fichier, et ce que vous cherchez est l'équilibrage de secteurs ou l'ordre d'une tournée. Restez dans la famille des cartographes : Maptive le fait bien, et c'est exactement son métier. Changer d'outil ici n'a de sens que sur la couverture géographique des couches annexes, à vérifier sur vos propres codes postaux pendant l'essai que l'éditeur propose.
Vous n'avez pas de fichier et votre zone est en France. Commencez par le registre officiel pour l'exhaustivité et l'identifiant, complétez par les fiches locales pour le contact. Les deux sources ne se concurrencent pas, elles se recousent par le SIRET.
Vous avez une liste, mais incomplète. Le sujet n'est ni la carte ni le registre, c'est la réconciliation. Le même identifiant officiel sert de clé, et le tri entre lignes vivantes et lignes mortes se fait avant l'import, pas après. Le même arbitrage amont ou aval revient face aux outils de zone de chalandise, détaillé dans l'alternative à Smappen, et l'ensemble des cas est repris dans le comparatif des outils de prospection.
Questions fréquentes
Existe-t-il une version gratuite de Maptive ?
La page tarifs de l'éditeur annonce un essai gratuit sans carte bancaire. C'est le bon moment pour tester la couverture des couches annexes sur votre marché, puisque le fond de carte est mondial alors que le mapping par code postal est documenté sur une vingtaine de pays.
Maptive peut-il trouver des entreprises que je ne connais pas encore ?
Non, et ce n'est pas sa fonction. L'outil cartographie et analyse une donnée que vous fournissez, par import ou depuis votre CRM. Sa comparaison aux points d'intérêt sert à confronter votre fichier à des données existantes, pas à le bâtir.
Où télécharger la liste officielle des établissements français ?
Sur data.gouv.fr, dans le jeu de données de la base Sirene produit par l'Insee, sous Licence Ouverte 2.0. Le fichier stock des établissements y est publié chaque mois, en ZIP et en parquet. Pour un besoin ponctuel, l'Annuaire des Entreprises permet de constituer une liste filtrée en ligne, jusqu'à 200 000 unités, sans rien télécharger de volumineux.
Le registre officiel suffit-il pour appeler ?
Non. Il porte l'identité et l'adresse déclarée, jamais le téléphone. Il faut lui adjoindre une source de contact, et vérifier que l'adresse du registre n'est pas une domiciliation quand vous prévoyez de vous déplacer.
Et si ma zone n'est pas en France ?
Le raisonnement tient, la source change : chaque pays publie son propre registre, avec ses propres règles d'ouverture et son propre niveau de détail. Le réflexe utile est de chercher le registre national avant de chercher un outil, parce que c'est lui qui décide de ce qui sera possible ensuite.
Faut-il vraiment choisir entre un cartographe et un extracteur ?
Rarement. Ils occupent deux étapes consécutives de la même chaîne. Si vous constituez des listes régulièrement et que vous pilotez aussi des secteurs commerciaux, les deux cohabitent très bien, dans cet ordre.