Trouver les entreprises sans site web

Vous ouvrez Google Maps, vous tapez le nom d’un métier et celui d’une ville, et vous cliquez les punaises une par une pour repérer celles qui n’ont pas de site. Au bout de quarante fiches vous avez six noms, dont deux qui ont en réalité un site que la fiche n’affichait pas, et un qui a simplement une page Facebook. La soirée est passée, la liste ne vaut rien, et personne ne vous a dit combien de fiches il fallait ouvrir pour en sortir une vraie.

Cette page répond à cette question précise, avec des nombres mesurés et datés plutôt qu’avec une promesse. Deux d’entre eux viennent de chez nous, sur un lot d’établissements réellement extraits de Google Maps ; un troisième vient de l’INSEE, et il est utile surtout pour ce qu’il ne couvre pas.

Lot mesuré : 235 766 établissements Extraits du 18/06/2026 au 18/09/2026 Zones : France Calcul du 21/09/2026
29,5 % des fiches n’affichent aucun site web 69 497 / 235 766
9,7 % des liens affichés mènent à un réseau social ou à une plateforme, pas à un site propre 16 200 / 166 269
7,7 à 75,3 % de fiches sans site selon le métier extrait, du secteur le plus équipé au moins équipé 13 secteurs de plus de 2 000 fiches

Le chiffre officiel s’arrête juste avant votre marché

Si vous cherchez une statistique publique sur le sujet, vous tomberez sur celle-ci : en 2023, 69 % des entreprises françaises possèdent un site web, en propre ou partagé. Elle est solide, elle est récente, et elle est publiée par l’INSEE dans Sites et réseaux sociaux des entreprises, paru le 14 octobre 2025. Le problème n’est pas le chiffre. Le problème est la ligne qui le suit, celle que les articles qui le recopient omettent presque toujours : le champ de l’enquête est constitué des entreprises de 10 salariés ou plus.

Le fleuriste seul derrière son comptoir, le restaurant de quatre couverts, le coiffeur et son apprenti ne sont pas dans ce chiffre. Ils ne sont pas sous-représentés : ils sont hors champ. Autrement dit, la seule statistique officielle disponible ne décrit pas la population que vous démarchez, et la tendance interne à l’enquête le laisse d’ailleurs deviner. En reprenant le fichier de résultats détaillés de l’enquête TIC entreprises 2023, publié le 21 décembre 2023, la part d’entreprises déclarant un site web chute régulièrement à mesure que l’effectif diminue.

Moins de 20 personnes occupées 62,2 %
De 20 à 49 personnes 71,3 %
De 50 à 249 personnes 85,9 %
250 personnes ou plus 94,4 %

Part des entreprises déclarant un site web, par tranche d’effectif. Calcul direct sur les effectifs publiés : 59 009 entreprises sur 94 858 dans la tranche la plus petite, 4 652 sur 4 929 dans la plus grande. Source : INSEE, enquête TIC entreprises 2023, tableau 1 des résultats détaillés parus le 21 décembre 2023. Champ : entreprises de 10 salariés ou plus des secteurs principalement marchands, hors agriculture, finance et assurance.

La courbe descend vers la gauche et s’arrête net à la frontière du champ. Ce qui se passe en dessous de dix salariés, l’enquête ne le dit pas. C’est précisément là que vit votre liste de prospects, et c’est pour cela qu’il a fallu mesurer nous-mêmes.

Ce que donne un lot réel de fiches Google Maps

Nous avons repris 63 extractions Google Maps lancées sur des zones françaises entre le 18 juin et le 18 septembre 2026. Les fiches ont été dédoublonnées sur l’identifiant d’établissement porté par le lien Google Maps, stable d’une extraction à l’autre, ce qui élimine les établissements ramenés plusieurs fois par des requêtes, des tuiles ou des extractions différentes, puis filtrées sur un code postal français à cinq chiffres. Il reste 235 766 établissements distincts. Le calcul a été fait le 21 septembre 2026, et la règle est volontairement bête : une fiche est comptée « sans site » quand le champ site web de la fiche est vide.

Résultat global : 69 497 fiches sur 235 766 n’affichent aucun site, soit 29,5 %. Ce nombre, pris seul, ne sert pas à grand-chose. Il sert à comprendre que votre marché n’est pas un bloc, parce que sa dispersion par secteur est énorme.

Mesure outsend du 21 septembre 2026, sur les fiches extraites entre le 18 juin et le 18 septembre 2026. La colonne « faux positifs » se lit sur les seules fiches qui affichent un lien. Les intitulés de secteur sont les requêtes d’extraction telles qu’elles ont été lancées.
Secteur extraitFichesSans siteFaux positifs
Fleuriste3 42575,3 %10,5 %
Infirmier4 03275,3 %36,1 %
Kinésithérapeute4 35358,7 %67,2 %
Coiffeur6 68437,6 %42,1 %
Réparation de téléphone15 27737,5 %7,7 %
Restaurant12 38534,7 %7,4 %
Ostéopathe4 64731,4 %55,3 %
Plombier6 88031,3 %6,2 %
Institut de beauté2 90930,4 %27,4 %
Auto-école2 41726,6 %4,7 %
Agence immobilière81 17622,2 %1,5 %
Photographe39 23118,2 %4,1 %
Agence de marketing digital3 5957,7 %0,7 %

Sur cent fiches ouvertes, les agences de marketing digital en rendent huit sans site, les fleuristes en rendent soixante-quinze. Ce rapport de un à dix entre deux verticales est la seule information qui change vraiment l’usage d’une soirée, et c’est aussi la raison pour laquelle une liste se construit par métier et par zone, pas au hasard des punaises. Si vous voulez rejouer exactement ce découpage sur votre département, le scraping Google Maps avec export CSV est la brique qui produit ce lot, requête par requête.

Le piège : un lien affiché n’est pas un site

Voici la partie que l’on ne trouve presque jamais écrite, parce qu’elle abîme la promesse de l’outil qui la publie. Sur les 166 269 fiches de notre lot qui affichent bien un lien, 16 200 ne mènent pas à un site propre, soit 9,7 %. Elles mènent à autre chose, et cet autre chose se range en familles nettes.

  • Réseaux sociaux. La page Facebook, le profil Instagram, parfois un simple lien de messagerie. Dans notre lot, Facebook et Instagram pèsent à eux deux plus de 5 500 fiches.
  • Plateformes de réservation métier. Doctolib pour les professions de santé, Planity pour la coiffure et la beauté. C’est la famille la plus lourde du lot, et elle explique à elle seule les colonnes de faux positifs à 55,3 % chez les ostéopathes et 67,2 % chez les kinésithérapeutes.
  • Plateformes de commande et d’avis. Pages de livraison, pages de réservation de table, fiches d’annuaire en ligne.
  • Pages hébergées par un tiers. Mini-sites d’outils gratuits, pages d’agrégateur de liens, sous-domaines fournis par une plateforme.
  • Sites de réseau ou de franchise. La fiche du négociateur immobilier renvoie vers le site national de son réseau. L’INSEE compte d’ailleurs ce cas comme un site web, puisque son libellé précise « en propre ou partagé ».

La conséquence pratique est double. D’abord, votre vivier est plus large que le taux brut : chez les coiffeurs, 37,6 % des fiches n’ont aucun lien, mais 42,1 % de celles qui en ont un pointent vers une plateforme ou un réseau social, donc vers une vitrine que le commerçant ne possède pas. Ensuite, un tri automatique naïf sur « champ vide » vous fait rater ces prospects et, symétriquement, un tri sur « champ rempli » vous fait envoyer des messages à des gens qui ont déjà un vrai site. Déterminer ce qu’il y a derrière un lien est un travail à part : c’est ce que fait la détection des technologies d’un site web, et c’est ce que fait le contrôle des URL mortes dans une base de contacts pour la variante encore plus discrète du problème, le lien qui ne répond plus. Quand la vitrine est une page sociale plutôt qu’un site, c’est l’extraction des réseaux sociaux d’une entreprise qui rattrape le contact exploitable.

Plus la commune est petite, plus la cible est dense

Dernière ventilation, sur la même mesure : la taille de la commune, rattachée à la population municipale publiée par l’INSEE dans les populations de référence 2023. 221 906 fiches du lot ont pu être rattachées à une commune ; les 13 860 restantes sont exclues de ce seul découpage.

Moins de 2 000 habitants 34,9 %
De 2 000 à 9 999 31,6 %
De 10 000 à 49 999 29,7 %
De 50 000 à 199 999 25,3 %
200 000 habitants et plus 23,9 %

Part des fiches sans champ site web selon la population municipale de la commune. Mesure outsend du 21 septembre 2026 sur 221 906 fiches rattachées.

L’écart n’est pas spectaculaire, mais il est régulier d’un bout à l’autre de l’échelle, et il porte sur des dizaines de milliers de fiches. Il dit une chose utile à qui prospecte à vélo ou au téléphone : la densité de cibles augmente quand on s’éloigne des centres, au moment même où la concurrence entre prestataires web diminue. C’est aussi un argument de trajet, pas seulement de fichier. Si vous préparez une tournée, les numéros de téléphone supplémentaires à récupérer sur les fiches valent souvent plus qu’une adresse e-mail incertaine, parce qu’un commerçant sans site répond au téléphone.

Ce que cette mesure ne dit pas

Le lot n’est pas un échantillon représentatif de l’économie française : ce sont les requêtes réellement lancées sur la période, et deux d’entre elles, agences immobilières et photographes, pèsent à elles seules la moitié des fiches. Le taux global de 29,5 % dépend donc de ce mélange. Les taux par secteur, eux, se lisent indépendamment les uns des autres.

Un champ vide signifie que la fiche n’affiche pas de site, pas que l’entreprise n’en a aucun : un site existant mais non renseigné sur la fiche est compté comme absent. Dans l’autre sens, la liste des plateformes utilisée pour compter les faux positifs est une liste fermée, donc le taux de 9,7 % est un plancher, pas un plafond.

Enfin, cette mesure date du 21 septembre 2026. Les fiches Google Maps bougent, et nous la referons.

Refaire la mesure sur votre propre zone

outsend est un outil de scraping Google Maps et de qualification, en alpha publique. Concrètement, vous décrivez une requête métier et une zone, l’extraction ramène les établissements avec leur nom, leur adresse, leur téléphone, leur champ site web, leurs avis et leurs horaires, et vous récupérez le tout en CSV, JSON ou XLSX. Le tri « sans site » est ensuite un filtre sur une colonne, et la vérification de ce que valent les liens restants se fait avec les briques de qualification citées plus haut, dans le même outil plutôt que dans quatre abonnements différents. L’ensemble des modules est décrit sur la page fonctionnalités d’outsend, et les définitions de vocabulaire sont rassemblées dans le glossaire de la prospection.

L’accès se fait sur candidature, et il est gratuit : Demander un accès alpha gratuit. Si vous n’avez pas de SIRET, parce que vous démarrez, parce que vous montez une association ou parce que le projet n’est pas encore déclaré, le guide de la prospection sans SIRET couvre votre cas.

Questions fréquentes

Comment trouver gratuitement des entreprises sans site web ?

Ouvrir Google Maps et cliquer les fiches une par une fonctionne et ne coûte rien, mais notre mesure donne l’ordre de grandeur de l’effort : il faut ouvrir moins de deux fiches pour en trouver une sans site chez les fleuristes, et près de treize chez les agences de marketing digital. Un outil de scraping Google Maps ramène la même information en une colonne de tableur, ce qui déplace le travail vers le tri plutôt que vers le clic. L’alpha d’outsend est gratuite sur candidature.

Quel métier démarcher en priorité quand on crée des sites web ?

Dans le lot mesuré le 21 septembre 2026, les écarts sont nets : 75,3 % des fiches de fleuristes comme d’infirmiers n’affichent aucun site, contre 18,2 % chez les photographes et 7,7 % chez les agences de marketing digital. Mais un taux élevé ne fait pas à lui seul une bonne cible : les infirmiers et les kinésithérapeutes affichent aussi les plus forts taux de faux positifs, parce que leur vitrine réelle est une plateforme de prise de rendez-vous, et leur besoin d’un site propre est donc plus faible qu’il n’y paraît. Les fleuristes, les coiffeurs et les restaurants combinent un taux d’absence élevé et un faible recours aux plateformes.

Qu’est-ce qu’un faux positif exactement ?

Une fiche qui affiche un lien, donc que vous écarteriez d’un tri automatique, alors que ce lien mène à une page Facebook, à un profil Instagram, à une plateforme de réservation ou au site national d’un réseau de franchise, pas à un site que l’entreprise possède. Sur notre lot, 9,7 % des liens affichés sont dans ce cas, et jusqu’à 67,2 % dans certains métiers de santé.

Le chiffre INSEE de 69 % contredit-il votre mesure de 29,5 % ?

Non, les deux ne parlent pas des mêmes entreprises ni du même objet. L’INSEE interroge des entreprises de 10 salariés ou plus et leur demande si elles ont un site, en propre ou partagé. Notre mesure regarde ce que la fiche Google Maps affiche, pour des établissements dont la très grande majorité est sous le seuil de dix salariés. Le premier chiffre décrit une déclaration, le second décrit une vitrine publique.

Peut-on savoir si le site affiché est un vrai site ou une page de plateforme ?

Oui, en regardant le domaine puis le contenu de la page. Le tri par domaine attrape les familles connues, réseaux sociaux et plateformes de réservation en tête. Pour le reste, il faut ouvrir la page et lire ce qui tourne dessus, ce que fait la détection des technologies d’un site web. Un site fait avec un constructeur de pages reste un site propre ; une page de réservation hébergée par une plateforme n’en est pas un.

À quelle fréquence faut-il refaire l’extraction ?

Une fiche sans site aujourd’hui peut en avoir un dans trois mois, et la liste se périme donc par le haut, ce qui est plutôt une bonne nouvelle : cela veut dire que quelqu’un a vendu un site. Refaire la même extraction à trois mois d’intervalle et comparer les deux colonnes donne une liste de commerces qui viennent de franchir le pas, ce qui est un signal commercial en soi. Nous comparerons nos propres lots lors de la prochaine mesure.

Faire tourner ça sur vos listes

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